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Le matériel en cascade

Le matériel

-Les différents type de crampons

Crampons classiques à 12 pointes : ils sont très bons en neige et couloir car les pointes avant sont horizontales, ce qui évite qu'il ne laboure la neige lorsque le grimpeur met son poids dessus. A conseiller pour les goulottes et en montagne où l'on rencontre souvent des parties en neige et pour les couloirs). Préférer les attaches rapides

Crampons cascade. Il s'agit de modèles plus techniques, rigides (économisent les mollets). Les pointes avant sont positionnées verticalement et forgées ce qui les rends plus rigides, elles sont crantées (on sent ses pieds "vissés"dans la glace !). Les 10 autres dents sont plus courtes pour descendre le centre de gravité et pour une meilleure sensation en mixte. Certains modèles ont des dents sous la semelle pour une meilleure accroche dans les "choux fleurs" et "pétales". Les éperons arrière ! A réserver à l'élite et la compétition pour les crochetages talon (vous n'en êtes pas encore là). Ils peuvent être dangereux pour le débutant et risquent de déchirer le bas de votre pantalon dernier cri !
Anti-bottes : Penser aux descentes en neige en fin de journée. La fatigue. Les crampons qui bottent et ce sont la glissade dans le toboggan du petit ruisseau gelé à 25 °, ça va très vite et les rochers sont durs . . .

Mono pointe : Certains modèle permettent de désaxer la pointe et de la positionner du coté du gros orteil (meilleure transmission de coup au moment de la frappe). De même il est possible sur certains crampons de modifier l'inclinaison ou l'avancée des pointes selon la configuration du terrain. Pour la compétition la dent peut être orientée vers l'intérieur pour favoriser une bonne ouverture de bassin (dans ce cas là la dent n'est pas réglable, elle est fixe sur le crampon).
Avantage - Permet de moins éclater la glace, meilleure pénétration de la dent. Importance dans le mixte (rocher), permet le coincement de la pointe en fissure. La mobilité de la cheville permet de bonnes ouvertures de bassin. Plus de précision dans le planté. En glace très dure on peut utiliser les trous des piolets pour poser la dent. Demande un peu d'expérience, déroutant pour le débutant, mais plus agréable par la suite. Sur le rocher, la mono permet une grande précision pour le gratonnage
Inconvénient ? moins de stabilité latérale (une petite habitude qui s'acquiert rapidement). Plus exigeant au niveau des chevilles. Obligation de taper les pieds dans les glaces travaillées ou dures.

Bi pointes : Certains modèles permettent de combiner toutes les positions : avancer ou reculer les pointes, les incliner plus ou moins, les rapprocher ou les écarter. D'avancer une pointe plus que l'autre. Il est aussi possible de passer du "bi" à la "mono" et avoir les mêmes réglage que ci-dessus.
Avantage - plus de stabilité latérale, gestuelle plus basique. Meilleure accroche en mauvaise glace.
Inconvénient ? Eclate plus en glace dure, et moins bonne pénétration.

La nouvelle génération de crampons vient de sortir dont les principaux atouts sont la légèreté et la technicité. Ils peuvent soit se visser directement sous les semelles de chaussures (gain important de poids et meilleure solidarité entre le crampon et la chaussure), soit utiliser une nouvelle fixation ultra légère (sur certains modèles) permettant une fixation plus classique sur les chaussures. Plus de réglage des pointes avant, tout est fixe, la pointe avant unique est soudée sur le crampon, elle est orientée vers l'intérieur du pied. Un modèle réserver au très haut niveau et à la compet (pas d'anti-botte adaptable).

Pour le débutant, il est préférable d'acheter des bi pointes modulables. En fonction des progrès et du terrain, vous pourrez passer aisément des bi pointes au mono et même personnaliser vos réglages. Et si cela ne va pas, revenir au précédent réglage !

Remarques : Les crampons de cascade classiques se positionnent perpendiculairement par rapport à la glace. Le pied horizontal.
Les asymétriques permettent d'avoir une gestuelle plus proche de l'escalade, les pieds en canard et les talons légèrement relevés pour aller chercher plus haut.
Les jambes restent plus écartées que les piolets.
Utiliser le terrain (bosselettes, trous etc. . . ) pour poser vos crampons. Ce n'est pas la peine de taper fort. En rejetant les épaules en arrière, bras tendu, un posé dynamique suffit à une bonne accroche. Une bonne poussée améliorera la tenue et économisera les bras.

-Le casque
Il doit être léger pour ne pas le sentir sur la tête, être bien réglé pour ne pas dégager le front. Laisser un bon champ de vision vers le haut. Etre facilement réglable pour pouvoir mettre un serre tête ou une cagoule en dessous. Pensez aux retours tardifs, adaptation de la frontale.
Pour ceux qui ont peur des éclats de glace, plusieurs modèles de casque propose des visières amovibles. Préférez celles en polycarbonate qui sont traitées anti-buée à l'intérieur et anti-rayures à l'extérieur. Elles ne doivent pas être dangereuses pour les yeux en cas de bris (avantage du polycarbonate). Elles doivent être amovibles pour permettre l'utilisation du casque pour d'autres activités.

-Les chaussures
La chaussure idéale en glace doit avoir une semelle très rigide, elle doit être chaude, étanche, la plus légère possible, permettant une aisance des mouvements de cheville (le talon ne doit pas décoller dans la chaussure). Pouvoir recevoir des crampons à attache rapide.
Maintenant les nouvelles techniques de fabrication permettent d'utiliser le cuir dans la fabrication des chaussures. Le cuir utilisé actuellement ne demande aucun entretient, il est étanche et respire. Les nouveaux matériaux utilisés dans les doublures permettent le compromis judicieux entre la légèreté et la chaleur.

-Brochage
Les différents types de broches. Avec ou sans manivelle. La qualité première d'une broche est sa facilité de pénétration dans la glace. Cette qualité est due au revêtement de surface de la broche, à la forme et au pas du filetage mais aussi à la forme et à la disposition des dents du trépan. Au plus la glace est dure au plus le vissage demande d'efforts. Pour démultiplier la force, des manivelles sont apparues.
Depuis quelques années deux écoles de pratique ont vues le jour : les manivelles incorporées à la broche et celles amovibles que l'on porte sur soi tenue par un élastique avec ou sans enrouleur. Les deux principes comportent des avantages et des inconvénients et ont leurs adeptes même dans le haut niveau !

Manivelle incorporée :
Avantages : la manivelle est fixe, on l'a de suite en main. Permet le dévissage également. Très performante et rapide d'utilisation
Inconvénients : autant de manivelles que de broches donc un poids supplémentaire à transporter. Même si les manivelles se replient sur la broche, elles ont tendance à s'accrocher de par tout. En cas de chute du grimpeur la dégaine peut se prendre dans la manivelle et positionner le mousqueton en travers au moment du choc !

Manivelle amovible :
Avantages : Un gain important de poids. Une meilleure démultiplication (bras de levier plus important). Un coup à l'achat moindre. Prend moins de place sur le porte matériel.
Inconvénients : la manivelle n'est pas toujours sous la main lorsqu'on la cherche, une petite habitude à prendre pour la mise en place rapide sur la broche. Pas utilisable pour le débrochage.

-Dégaines
Deux autres écoles dans la liaison dégaine/ broche :
Sangle cousue de la dégaine (amortisseur de choc) positionnée directement sur le corps de la broche :
Avantages : gain de poids (un seul mousqueton utilisé) et de temps dans la manip. Possibilité de s'assurer sur la broche lorsqu'elle est vissée en partie. Peut servir à cravater la broche si elle n'est pas vissée entièrement. Au dévissage, on peut la laissée mousquetonnée sur la corde pour éviter de la faire tomber (risque d'usure prématurée de la sangle par le filetage).
Inconvénients : Le brochage est plus délicat à l'amorçage (le poids de la dégaine risque de faire tomber la broche au moment où on la lâche). Même vissée à fond, la broche offre un bras de levier non négligeable en cas de choc. La longueur de broche dans la glace est moins importante. La sangle est écrasée entre la glace et la patte, elle ne travaille pas très bien, et peu mal positionner le mousqueton au moment d'un choc. Usure prématurée de la sangle (un amortisseur de choc, ça coûte cher !). En dévissant la broche vous risquez de la perdre. La résistance de la broche est moindre (plus d'effet bras de levier).

Dégaine mousquetonnée dans la patte :
Avantages : comme sur le rocher, plus grande liberté de mouvement de la dégaine donc moins de frottement avec la corde, donc moins de tirage, donc meilleure force de choc ! Facile à ranger sur le baudrier.
Inconvénients : le poids du deuxième mousqueton, une manip de plus pour la mise en place de la dégaine.

Faites des essais et faite vous votre propre argumentaire. Chez les pros, les deux systèmes sont utilisés !
Mise en place : Bien s'assurer que la glace est homogène est bien bleue. Ne pas la visser dans un creux, car vous ne pourrez pas la visser entièrement (pensez au débattement de la patte). Si la broche pénètre trop facilement c'est qu'il y a de l'air sous la surface et qu'elle n'est pas bonne. Choisir un autre emplacement. Eviter d'utiliser un trou de broche existant, vous perdrez une grande partie de la résistance de la broche (mais vaut mieux une broche moyenne que de prendre le risque de tomber !)
Avant de visser une broche, s'assurer qu'elle n'est pas bouchée. Il est impossible de visser une broche bouchée. Il faut souffler a l'intérieur ou la tapoter sur l'ergot de la patte (certains modèles on un ergot sur la patte prévue à cet effet). Lorsqu'il fait très froid, il faut la chauffer au préalable entre ses mains (de préférence sans les gants pour les courageux !) ou utiliser la tige de votre crochet "Abalakoff". L'idéal est de la déboucher dès qu'on la sort afin que la carotte ne gèle pas à l'intérieur.

Pour brocher, la position idéale est de planter un piolet assez haut et dans l'axe du corps. Relâcher la main sur le manche, relaxer également les épaules, plier légèrement les genoux en descendant les talons des crampons, pieds écartés. Utiliser votre meilleure main pour visser la broche. S'assurer que l'épaisseur de la glace est suffisante et qu'elle de bonne qualité, choisir une broche de longueur adaptée. Positionner la broche perpendiculairement à la glace, faire avec votre poignet deux ou trois rotations en aller retour en exerçant une forte pression sur la broche (votre avant bras doit être dans l'axe de la broche). Elle doit tenir toute seule ! Puis la visser entièrement. La patte doit toujours être collée à la glace pour éviter le bras de levier. Si la broche touche le rocher (vous avez toute les chances d'avoir abîmé les dents !) vous pouvez la cravater en positionnant une sangle en tête d'alouette.
La broche doit être vissée horizontalement ou avec un angle de 10° environ vers le haut. Vous êtes arrêté, stable soigner votre assurance et n'hésitez pas à doubler votre broche (une dans chaque brin de corde)

Ce qu'il faut savoir : Il est possible d'affûter les dents d'une broche, mais vous ne retrouverez jamais les mêmes performances. Regardez de près les dents du trépan. Elles ont des bords d'attaque arrondis, inclinés vers l'intérieur avec des côtes très précises qui empêchent un bon affûtage à la lime. De plus l'affûtage enlèvera le revêtement de surface. Moralité prenez en soin, ne les tapez pas l'une contre le autre ou contre le rocher pour enlever la carotte. Si vous faites des dents sur le filetage, elles seront plus dures à visser par la suite.

-La corde
En cascade, il est préconisé d'utiliser une corde à double traitée dry. Elle doit avoir une faible force de choc pour éviter de trop solliciter le dernier point d'amarrage en cas de chute. Il est conseiller : d'utiliser au maximum les absorbeurs de choc, d'éviter le tirage afin d?utiliser au maximum les capacités d'amortissement de la corde et donc de diminuer le plus possible la force de choc sur le dernier point d'assurance.
Préférer une corde fluide qui évitera les frottements et par conséquent, le tirage, et diminuera la force de choc.

Ce qu'il faut savoir : En cas de vol : les frottements dans les mousquetons ou contre la glace limitent la propagation de la force de choc le long de la corde. Il en résulte que la capacité de la corde ne va pas être utilisée pleinement sur toute sa longueur et donc que le facteur de chute réel est supérieure au facteur de chute théorique (celle donnée par le fabricant).
Une corde mouillée est moins résistante qu'une corde sèche (4 fois moins) !
Une corde gelée à une force de choc plus faible qu'une corde sèche (sur le premier vol seulement, après elle se comporte comme une corde mouillée) !